Vocabulaire astrologique : le poids des mots.

Le pouvoir des mots.

Il est des mots qui tuent, d’autres qui rendent vivant.
Certains blessent et créent des conflits,  d’autres adoucissent les peines et ouvrent sur des sphères de paix.
Ils ont parfois le pouvoir de nous rétracter sur nous-mêmes, sur nos difficultés et nos souffrances… ou de nous déployer et de nous dilater.
Ils peuvent détruire ou construire, décourager ou susciter la confiance, l’enthousiasme, la créativité.
Certaines paroles provoquent la tristesse ou l’angoisse, d’autres réjouissent le cœur et conduisent à découvrir des champs intérieurs lumineux encore inexplorés.

D’aucuns en usent pour rabaisser, enfoncer l’autre dans un gouffre, là où d’autres trouvent des termes qui incitent à gravir des montagnes et à s’élever.
Messages qui dramatisent, ou relativisent et permettent de prendre du recul ou de la hauteur.

Bref, les mots sont créateurs. « Au commencement était le Verbe », nous dit Saint Jean. Là où la Bible énonce : « Dieu dit… […] Et cela fut ».

En tant qu’astrologues, sommes-nous toujours bien conscients de ce pouvoir créateur des mots ? Pensons-nous suffisamment à l’impact de nos paroles et de nos écrits ? Avons-nous pleinement conscience de la portée qu’ils peuvent avoir sur nos consultants ou lecteurs ?

Vocabulaire astrologique.

Le vocabulaire astrologique recèle quelques pépites en termes d’angoisse et de prédestination inéluctable. Des événements seraient ainsi « inscrits dans le Ciel » comme inexorables, « annoncés » dès le berceau comme fatidiques, des « maisons » seraient inévitablement « malheureuses », des aspects ou des planètes seraient « maléfiques » là où d’autres seraient « bénéfiques », comme si de mauvaises fées s’étaient penchées sur certains berceaux et comme si c’était « la faute à pas-de chance », si ce n’est le résultat d’un « mauvais karma » dont ces êtres seraient évidemment responsables en raison de leur comportement dans d’autres vies, forcément fautif et mauvais (ce qui n’est évidemment qu’une supposition accusatrice que personne ne peut vérifier).

Bien sûr, il existe des thèmes qui ont l’air plus harmonieux que d’autres et qui peuvent faire imaginer des vies plus faciles ou plus épanouies que d’autres. Mais tout chemin de vie ne mérite-t-il pas que l’on essaye avant tout d’en relever la lumière qui y est contenue ? Les cadeaux « bénéfiques » offerts par la vie peuvent être dévoyés (voir par exemple par Landru). Là où les éléments thématiques affublés d’adjectifs anxiogènes ont le pouvoir de devenir une chance de progresser, de s’élever, de gravir la montagne pour accéder à la pureté de la lumière des hauteurs. Bien sûr, l’exploration de l’ombre est indispensable elle aussi, mais elle ne devrait sans doute jamais se faire sans son pendant lumineux.

Maison XII d’épreuves, de maladies et d’enfermement ? Mais aussi maison du lever du Soleil intérieur de la méditation et de l’intériorité.
Maison VIII de mort, de pertes et de deuils ? Mais également maison de transformations, certes parfois douloureuses, mais salutairement évolutives au final.
Maison VI d’un quotidien de « corvées » et de « servitudes » voire de « servilité » ? Mais encore maison de service de la Vie et de réalignement dans un souci de pureté.

Aspects « maléfiques » ? Ils sont tout simplement dissonants ou disharmonieux comme des accords en tension qui ensuite se résolvent en « accords parfaits » ; ou un arc que l’on bande, tendu pour permettre à la flèche d’atteindre sa cible ; ou la concentration de l’alpiniste tendu vers le sommet de la montagne qu’il escalade.

« Mauvais karma » ? Ou occasions offertes par la vie pour grandir ?

Des dieux et des mythes.

Quant aux planètes, elles sont représentées par des dieux dont certains ont bonne réputation – Jupiter serait exclusivement « bénéfique » – là où d’autres seraient épouvantablement « maléfiques » – Mars, Saturne et Pluton seraient de ceux-là – et chercheraient à nous détruire, individuellement ou parfois collectivement. Il serait sans doute plus judicieux de reprendre la responsabilité de nos vies, individuellement et collectivement, plutôt que d’attribuer nos difficultés à des dieux qui, en réalité, sont en nous, dans notre ciel intérieur, comme le dit  Jacques Vanaise dans son article Sur le vif  de septembre 2020.

Certes, de manière très mystérieuse, ces divinités sont en résonance avec le Ciel extérieur, mais elles ne sont que les symboles d’archétypes dont leurs mythes rendent compte, c’est-à-dire « d’une réalité supérieure intransmissible à notre mental banal sans un truchement », comme l’écrit Annick de Souzenelle dans Le symbolisme du corps humain. Charge à l’Homme d’incarner l’énergie de ces archétypes au niveau auquel il se situe ou qu’il souhaite conquérir.

Choisirons-nous d’incarner Mars dans notre vie en tant que terrible dieu guerrier que réjouissent le carnage et les bains de sang ? Ou bien sera-t-il le dieu de la jeunesse qu’il guide pour fonder de nouvelles villes ?
Saturne prendra-t-il la forme du dieu castrateur du Ciel étoilé, dévorateur de ses enfants, et prenant le pouvoir dans la culpabilité et la dureté ? Ou fera-t-il régner l’âge d’or de la Sagesse dans notre vie ?
Laisserons-nous Pluton œuvrer dans la violence d’un pouvoir manipulateur et destructeur ? Ou entendrons-nous son message de désintégration de ce qui n’est pas authentique pour une métamorphose lumineuse conduisant au noyau de L’Être ?

En somme, nous avons le choix. « Le Sage guide ses étoiles », dit l’adage.
Alors, pouvons-nous encore penser, dire ou écrire que les événements sont inéluctablement « inscrits » dans le ciel de naissance ? Sans doute en existe-t-il dans toute vie sur lesquels nous n’avons effectivement pas trop de prise, mais ils relèvent plutôt de l’exception. Et l’essentiel de notre vie découle de nos choix, conscients ou non, ou de nos non-choix et de nos fuites.

En tant qu’astrologues, nous avons le pouvoir, et sans doute même le devoir, de mettre des mots de lumière, même (et surtout) sur l’ombre ! Notre responsabilité n’est-elle pas d’aider le consultant à imaginer un futur de plus en plus en accord avec lui-même et à voir une opportunité d’évolution dans tout événement, qu’il soit harmonieux ou difficile ?

Pour cela, nous avons les mythes, les symboles et les mots, et le pouvoir de leur donner une dimension de Verbe, créateur de Lumière.

Marie-Paule Baicry.
Septembre 2020. Publié à la FDAF.

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